8 décembre

J’espérais arriver plus tôt au Rio Negro, mais en fait je mets bien 2 heures pour l’atteindre, et je n’y suis qu’à 10h10. Heureusement il ne fait pas encore très chaud, et en fin de compte la traversée est plutôt facile. Soulagé ! Je m’étais mis une grosse pression…

Le canyon du Rio Colorado rempli de nuages le matin

Par contre après ça se corse, avec une descente difficile vers le Rio Colorado, avec une cheminée où il faut poser les mains et un pierrier pas du tout stable. D’ailleurs plusieurs gros cailloux s’effondrent sur mes pieds à un moment. J’arrive à m’en extirper sans grosse blessure, mais je me retrouve avec de gros bleus au niveau de la cheville gauche, qui resteront douloureux jusqu’à plusieurs jours après la fin de la rando.

En bas, de l’autre côté du rio, j’aperçois une caravane d’arrieros en train de remonter. Un arriero teste de passer à gué à un moment, mais il rebrousse chemin. Le pont a été emporté par le courant en décembre 2015, mais d’après Google Earth il semble avoir été reconstruit en 2016. Vu la gueule du rio, s’il n’y a pas de pont c’est impossible que je passe. Je me dis alors que si les arrieros arrivent à traverser à cheval, je pourrai toujours tenter de voir s’il y a moyen de négocier un passage à cheval…

Le canyon du Rio Colorado

Toujours le canyon du Rio Colorado

Finalement, au bout d’un moment, je finis par apercevoir plus loin le pont !!! Je suis pris d’un fou rire et je me mets à chanter à tue tête !! A peu de choses près, je me mettrais à danser aussi :-)))

Mais plus j’approche, plus je me rends compte de l’état du pont : il manque pas mal de planches en bois, et il faut jouer l’équilibriste sur le câble pour passer. Au niveau des mains, c’est très très lâche, donc il faut s’en servir le moins possible… Bon, je me lance, et j’arrive à passer en serrant le plus fort possible le câble dans les mains pour rester accroché au cas où je chute. Ça y est, j’ai passé les Rio Negro et Colorado !!

Mais la fin de journée est aussi très difficile, avec un chemin à flan de gorge où s’enchaînent les lits de torrents à passer, à chaque fois c’est galère : soit il y a de la végétation et je dois me frayer un chemin, soit c’est de la caillasse et je dois descendre au fond du lit puis remonter sur des pierres où rien n’est stable. Je vais très lentement pour ne rien me péter… Je me pose ensuite sur un replat au milieu de la montée permettant de quitter le canyon du Colorado.

Le pont au-dessus du Rio Colorado dans un sale état…

Le Rio Colorado plus en amont, lorsque je commence à grimper vers la droite