27 juillet

Ce matin j’ai droit à un petit déjeûner pamiri typique : du thé salé au lait, dans lequel on fait tremper des morceaux de pain avec du beurre. C’est spécial, mais bon, pas si mauvais. Je papote avec ma voisine de table, elle est prof de russe dans le vallée de Bartang, et m’explique que l’hôtel est plein parce qu’il y a un séminaire de prof de russes !

Puis je vais payer le prix dérisoire de l’hôtel (40 somonis, genre 4$), quand le gérant (enfin, je sais pas trop qui c’est en fait, c’est pas très clair dans cet hôtel) me dit que deux français de Barcelone sont dehors avec leur camionette et vont marcher au lac Turumtaikul par lequel je vais passer aujourd’hui. Des français de Barcelone ??? Bon le gars a l’air de penser que Barcelone est en France, mais ça doit être des catalans quoi ! Il m’amène à eux, et j’attaque les présentations direct en catalan. Ils sont bien surpris, on échange quelques mots et hop c’est parti pour 3 heures de marche avec eux direction le lac.

Mon catalan n’est pas fluide, mais ils adorent que je veuille parler catalan et fasse l’effort de parler leur langue maternelle. Ils me proposent plusieurs fois de parler en anglais mais je refuse, ça les touche. Et à part les accords et les conjugaisons pour lesquels je dois être ridicule, j’arrive à tenir les 3h de conversation, j’ai quand même bien progressé depuis un an. Ce sont 2 frères (Gim et Elia) qui sont partis il y a 6 mois de Barcelone avec leur camionette nommée « Moby Dick » et prévoient encore 2 ou 3 ans de voyage (mobydickworld). Ils sont vraiment cool, et on accroche super bien.

Montée en compagnie des catalans Gim et Elia

Vue sur le lac Turumtaikul depuis le col (4350m)

Le lac Turumtaikul ! (4202m)

Forcément on parle un peu de l’actualité catalane, du référendum (ils ont participé à la protection des urnes face à la Guardia Civil), de la répression, de l’incompréhension de la majorité des français… et on conclut d’une même voix « la France et Madrid sont tous deux aussi jacobins ». Vraiment cette rencontre est touchante, et on se dit au revoir en se prenant dans les bras.

En fin d’après-midi je commence à apercevoir les sommets enneigés qui bordent la vallée du Wakhan. Tout à coup je sens des frissons traverser mon corps de part en part… depuis le temps que je rêve de cette vallée mythique, je l’aperçois de mes propres yeux ! Et y arriver après de nombreux jours de marche rajoute encore de l’émotion à la situation…

Le désert autour du lac…

Un autre lac

Descente vers le village de Jawshangoz

Au loin les premières vues sur les montagnes enneigées bordant la vallée du Wakhan