26 juillet

Aujourd’hui c’est une journée de transition, avec 16km de piste pour rejoindre Varshez, puis 29km sur la Pamir Highway jusqu’à Jelondy. C’est plat sur de la piste et de la route, donc ça se fait en une grosse journée. Mais selon le feeling, je ferai sûrement un bout en stop sur la Pamir Highway. Une autre option aurait d’attaquer la montagne dès Rohivan sans aller jusqu’à Jelondy, mais j’ai peur de manquer de temps et je ne veux pas bâcler la vallée du Wakhan.

Une maison à Bachor

Je fais les 2/3 de la piste quand un couple d’israéliens de Tel Aviv me prend avec eux dans la vieille (c’est un euphémisme) jeep qui les conduit jusqu’à Varshez. Ils s’appellent Assaf et Tom et sont vraiment super cools. Ils connaissent les tentes Tarptent, le réchaud P3RS, c’est rigolo. Ils sont hyper impressionnés par le poids de mon sac, et je crois que je les ai convaincus de franchir le pas en matos léger.

On mange un truc ensemble à Varchez, puis je commence à marcher sur la route direction Jelondy. 30mn plus tard deux gars me prennent en stop, gratuitement (même si à la fin je leur file quand même un petit billet). Ce court trajet en voiture est assez délirant : la voiture est dans un état pas possible, le conducteur s’arrête au bord de la route pour prendre l’eau de la rivière afin de refroidir le moteur, le passager me fait boire de la vodka avant de bouffer une sorte de salami (ça a l’air d’être une tradition du Pamir ^^), il danse sur de la musique du Pamir et est tout excité de parler à un français champion du monde de foot (même si j’en ai rien à carrer :p).

Un magasin à Varshez

Jelondy

A Jelondy il est encore tôt du coup, mais je vais dans un hôtel de l’époque soviétique où après 15mn à essayer de comprendre qui gère dans ce bordel ambiant, on me file le dernier lit dispo avec 2 locaux (qui ne parlent pas un mot d’anglais). De suite les deux m’invitent à bouffer avec eux leur repas très original à base de pain, yaourt fermenté et thé. Et quand j’hésite à dire oui, ils insistent plusieurs fois jusqu’à que j’accepte. Quel sens du partage quand même, je suis à chaque fois ébloui. Mais en fait le pire reste à venir : les gars vont chercher des plats à manger (du plov je crois) et m’en ramène un ! Et le soir c’est une soupe bien consistante qu’ils m’offrent sans me demander mon avis. Jafar s’offusque quand je veux leur payer ma part. C’est tellement inhabituel cette générosité pour un français… quand je pense que 56 % des français sont majoritairement opposés à accueillir l’Aquarius, à ce moment là j’ai honte d’être français face à une telle hospitalité… en France on nous apprend dès notre enfance à nous méfier des autres (n’accepte pas de bonbons, n’ouvre pas à des inconnus…), que nos rapports humains finissent par être gouvernés par la peur de l’autre. Moi-même j’ai de vieux réflexes de peur qui rejaillissent parfois (« Mais qu’est-ce-qu’il me veut celui-là à être aussi gentil ? il a forcément une idée derrière la tête… »), mais je fais tout mon possible pour finir de les éliminer. Ces pamiris me donnent une belle leçon de vie (tout comme les iraniens m’en avaient donné une belle aussi il y a 2 ans).

L’hôtel présente l’avantage d’être construit autour de sources chaudes, et il y a un bassin aménagé à l’intérieur de l’hôtel, donc ça fait trop du bien un vrai lavage après 8 jours de marche ! Au moment de dormir, Jafar et son pote me traînent une autre fois aux bains, il n’y a personne et c’est trop top !! Bon et demain retour à la montagne !! J’ai trop la patate à l’approche de la vallée du Wakhan….

Mes 2 compagnons de chambrées, dont Jafar qui s’éclate avec son méga couteau 🙂