24 juillet

Une nouvelle journée absolument A-HU-RI-SSAN-TE.

A 500m de ma tente, je tombe sur mes premières randonneurs : 4 tchèques (décidément!) qui sont étonnés de me voir seul. Je croise peu après un jeune berger en chemin qui me dit avoir mal au ventre et me demande si j’ai quelque chose. Alors je lui fait prendre 2 spasfon et lui laisse le reste de la tablette. Puis il part en me criant « France football champion » ! ^^

Je tombe ensuite sur une nouvelle bergerie, avec plusieurs maisons. Un couple m’accueille et m’offre comme toujours leur seul et unique nourriture : pain, beurre, yaourt et thé. Leur gentillesse et leur sens de l’hospitalité est encore incroyable. Lui a 30 ans, parle un peu anglais, et ils ont une fille de 4 ans. Ça me fait mal au cœur de la voir : elle a les 2 joues entièrement cramées par le soleil, sa peau n’est qu’une croûte. Le père me demande si j’ai de la crème, alors je leur donne de la crème solaire qu’il lui met immédiatement. Mais j’ai tellement mal au cœur de les voir impuissants, si loin de toute civilisation, que je leur laisse le tube entier. Tant pis je me débrouillerai sans, malgré mes lèvres bien abîmées (rien que par réverbération…). Déjà je ne quitte plus mes gants, alors j’utiliserai aussi mon buff comme cache soleil.

Il refuse aussi que je leur donne une quelconque somme d’argent. Je suis tellement ému par tant d’hospitalité et d’ouverture aux autres… Une chose qui existe tellement peu en France, où les gens ont peur des étrangers et de la différence, et veulent mettre des murs partout. On a tant à apprendre de gens comme eux.

Une famille de bergers à l’hospitalité incroyable

A partir de là les paysages sont incroyables, je suis ébahi en permanence. En plus mon corps s’est habitué à cette altitude et je grimpe bien mieux qu’au début.

Je crois 3 ados (sûrement d’une bergerie dans le coin) qui cherchent à pêcher le poisson avec des bâtons. L’un me demande si j’ai du paracétamol. C’est là que je réalise à quel point la médecine est vitale pour eux, ils n’ont accès à rien et ne peuvent compte que sur eux-mêmes en cas de problème. Si j’avais anticipé ça j’aurais pris beaucoup de médocs que j’aurai donnés lors de mes rencontres. Là je ne peux donner que le dernier cachet qu’il me reste. Je me retrouve donc sans paracétamol, sans spasfon, sans crème solaire, avec le diamox fini, mais je me débrouillerai sans tout ça 🙂

C’est décidément la journée des rencontres (ça sera la seule journée comme ça d’ailleurs !), puisque je tombe sur 2 kazakhs extrêmement gentils qui font le trek de Bachor je crois.

La fin de journée est bien plus compliquée : après l’hallucinant lac Zaroshkul, je dois traverser une rivière, mais en fin d’aprem le débit est fort. J’hésite à attendre demain matin pour passer, mais finalement je me lance. Au milieu du lit le courant est vraiment fort, et je me sens de moins en moins stable. Lorsque je finis par sentir mon équilibre en train de vaciller, je décide de foncer le plus vite sur la berge opposée, il doit me rester 3 ou 4m. Dans ma course je finis par être emporté par le courant et à tomber dans l’eau, heureusement il ne reste que 1m à traverser et le courant est bien moins fort ici. Mais j’ai pris un bon flip, je suis entièrement trempé, frigorifié et je m’arrête dès que je peux.

En orange la tente des deux kazakhs

Lac Zaroshkul

Lac Zaroshkul

Lac Zaroshkul

Lac Zaroshkul